« Affaire Copé » : manœuvre politique ?

« Affaire Copé » : manœuvre politique ?

Article écrit par Édouard Lansiaux et Quentin Paillé. 

Telle la tâche sur la main de Macbeth, les problèmes financiers accableraient une nouvelle fois l’UMP, selon les dires de la presse. Selon Le Point, Jean-François Copé aurait autorisé la sur-facturation de certains meetings de l’élection présidentielle de 2012 à la société Bygmalion, dirigée par deux proches du Président de l’UMP.

La presse accuse donc notre président de faire travailler ses amis. Serait-ce une erreur que d’octroyer sa confiance à ses proches ? En quoi cela nécessite l’intervention des journalistes ? Pour l’heure, ces faits ne sont que de vastes rumeurs qui tombent à point pour un gouvernement ne sachant pas s’expliquer sur les chiffres du chômage. Personne ne semble s’interroger sur la destination de ces 8 millions et de l’endroit où ils se trouvent actuellement. Christophe Labbé, le journaliste du Point responsable de ces révélations, prétend sur toutes les antennes qu’il a des billes en réserve au cas où avec sa collègue ils seraient traduits en justice. À droite, nous avons déjà été confrontés à de tels scénarios : Bettencourt, Woerth, Karachi… Et finalement, relaxe pour tous ! Alors, au grand damne de Franz-Olivier Giesbert, la droite va gagner ces municipales malgré ces manœuvres bananières !

 Ce que la presse a déjà appelé « l’affaire Copé » n’est ni plus ni moins qu’un acharnement médiatique.

De ce fait, il convient de s’interroger sur la partialité de la presse : ces problèmes ne relèveraient-ils pas d’une certaine obstination en ces temps électoraux ? Nos farouches et indépendants journalistes ont l’air de sélectionner de manière bien curieuse leurs « combats ». Un petit exemple : l’affaire Bettencourt fut étalée et relayée dans la presse durant près de deux ans avec des commentaires quasi-journaliers. Cependant, l’affaire Apollonia (du nom d’une arnaque immobilière datant de 2008 plongeant 1000 particuliers dans la spirale du surendettement) ne fut pratiquement pas évoquée depuis le début : une escroquerie à 1 milliard d’euros avec plus de 900 victimes, des suicides, des notables et notaires inculpés et mis en détention, des banques inquiétées… Pourtant, un moteur de recherche trouve 2 400 000 liens sur les mots clés « Apollonia aix » et seulement 1 570 000 sur les mots clés « Bettencourt Sarkozy ».

Il y a bien quelque chose qui doit coincer pour expliquer cette chape de plomb des médias dits « représentatifs » sur certaines affaires dont la médiatisation est inversement proportionnelle à la gravité des faits.

En réponse à cette attaque du Point, le président de l’UMP a décidé de jouer la transparence. Lors de son point presse, le 3 mars, il a déclaré avoir l’intention de déposer sous peu sur le bureau de l’Assemblée Nationale deux propositions de loi. La première obligeant tous les partis politiques bénéficiant d’une aide publique à publier leurs pièces comptables depuis 2007. La deuxième proposition vise la presse et soumettrait tous les journalistes et patrons de presse bénéficiant d’aides publiques aux mêmes contrôles que les parlementaires.

Bizarre, vous avez dit bizarre ? Aucun journaliste pour dire du bien des propositions de Jean-François Copé. Quand on sait que la presse reçoit des millions d’aides publiques chaque années (4 millions d’euros pour Le Point, 18 millions pour Le Monde) et que tous les journalistes bénéficient d’un abattement fiscal leur permettant de réduire considérablement leur impôt sur le revenu, on comprend bien mieux les indignations de cette corporation. Que la presse soit libre soit, c’est un des fondements de notre démocratie et c’est inaliénable, mais que les journalistes et les patrons de presse se permettent de faire tout et n’importe quoi sans aucun contrôle avec l’argent des contribuables, ce n’est pas acceptable.  Allons, un peu de courage messieurs dames les journalistes !

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